Plusieurs élus de la majorité présidentielle de la région parisienne, dont Jacques Gautier, ont signé une tribune « Mettre en Seine le Grand Paris », afin de rappeler à Bertrand Delanoë, Maire de la capitale, que le projet de réaménagement des berges de Seine, notamment avec la fermeture du quai bas des voies Rive Gauche, était inopportun et devait s'inscrire dans une perspective collective de la vision du Grand Paris voulu par le Président de la République.
« Avec le Grand Paris, le Président de la République a invité chacun d'entre nous à repenser la cité, à la réinventer, pour donner un nouveau souffle à la région capitale et par effet d'entraînement, à tout le territoire national (Tribune collective).
L'ambition de ce projet est de créer à la fois un pôle majeur de croissance économique mais aussi une vitrine de l'excellence française, un lieu d'innovation et une référence mondiale du « bien vivre » au XXIe siècle. Tout le défi qui nous est proposé aujourd'hui est de conjuguer les exigences de développement durable, d'urbanisme, de cohésion sociale et de bien-être des Franciliens. Ce chantier est unique dans l'histoire de France par son ampleur, par la complexité et le phasage de sa réalisation, mais aussi par la détermination politique de l'État à le réaliser. C'est pourquoi, il doit être l'œuvre de tous.
Paris, cœur de la Grande métropole, ne peut s'exclure de cette logique d'intérêt commun et faire cavalier seul.
Paris ne peut concevoir à huis clos des plans d'aménagement de ses axes structurants qui ont des répercussions pratiques et économiques pour l'ensemble des Franciliens.
Paris, cœur du Grand Paris, ne peut décider unilatéralement et égoïstement de fermer les berges de son artère centrale pour privilégier les loisirs de quelques uns au détriment du quotidien des autres. Car la Seine ne se résume pas à Paris ; elle va bien au-delà de ses limites. Elle n'est pas qu'un axe ludique ; elle est pluridimensionnelle et elle est le patrimoine de tous. La Seine, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, site historique, berceau de la capitale, support de circulation métropolitaine, ne peut se résumer à « Paris plage »…
Le réaménagement de ses berges doit faire l'objet d'une réflexion et d'une concertation d'envergure, des urbanistes, des architectes, comme de toutes les compétences techniques en génie civil, en génie urbain et en génie de l'environnement. Et il doit surtout s'inscrire dans la mise en perspective de cette construction collective qu'est le Grand Paris et associer à cette réflexion les communes de la petite et grande couronne.
Antoine Grumbach a ainsi évoqué une métropole qui irait du Havre à Melun : la « Seine métropole »…, idée que le Président de la République a lui-même mise en exergue. La Seine a ainsi une place centrale dans la vision de la future métropole.
Le projet actuel du maire de Paris est totalement dépassé par rapport aux réalités de la ville, mais surtout, inadapté au défi collectif que constitue la construction de cette métropole du XXIe siècle. Il est incompatible avec toute réelle vision d'ensemble, avec toute idée d'expansion, de développement économique, social et culturel de la « région Capitale » et ne répond même pas, en réalité, à des soucis environnementaux et d'amélioration de la qualité de vie. Peut-on envisager un Paris « respirant » en bord de Seine pendant qu'il « suffoque » sur les quais hauts, sans oublier les milliers de « métropolitains » de Boulogne, de Saint-Cloud, de Suresnes, d'Ivry, de Joinville, de Créteil, de Saint-Maur-des-Fossés dont la mobilité professionnelle est indispensable et pour qui, faire le tour d'un périphérique encore plus saturé deviendrait vite insupportable ? Alors, aux embouteillages et à la pollution, viendront s'ajouter des répercussions économiques inéluctables.
Il n'est pas convenable de laisser Bertrand Delanoë isoler Paris d'une œuvre collective dont elle est le cœur. L'ensemble des projets doit être mis en synergie, en cohérence, au service d'une stratégie d'ensemble. C'est aujourd'hui l'Atelier international du Grand Paris qui est chargé d'être la conscience commune et le moteur de l'action. Toute étude et toute expérimentation autour de l'axe Seine doivent se faire de façon transversale. L'Atelier, qui a vocation à fertiliser les compétences et croiser les intelligences, au service du Grand Paris, répond à toutes ces exigences de réflexion à grande échelle.
Le Grand Paris suscite un grand espoir. Chaque pierre posée pour le bâtir doit être à la hauteur de cet espoir. La Seine est un fleuve emblématique pour Paris et la métropole dans son ensemble. Sans doute faut-il encore le valoriser et identifier les potentiels qui pourraient s'y développer. L'enjeu est crucial pour l'avenir de la région capitale. Souvenons-nous de la phrase de Bonaparte, à son arrivée au Havre, en 1802, déjà…
« Paris, Rouen, Le Havre, une seule ville dont la Seine est la grande rue ».
Tribune signée par :
Christine Lagarde, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.
Jean-François Lamour, ancien ministre, député de Paris, président du groupe UMP au Conseil de Paris.
Philippe Goujon, député-maire du 15e arrondissement de Paris, président de la fédération UMP de Paris.
Laurence Douvin, première vice-présidente du groupe UMP au Conseil de Paris.
Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, présidente du groupe UMP au Conseil régional d'Île-de-France.
Chantal Jouanno, ministre des Sports, conseillère régionale d'Île-de-France.
Pierre Lellouche, secrétaire d'État au Commerce Extérieur, conseiller de Paris du 8e arrondissement.
Patrick Devedjian, ancien ministre, député des Hauts-de-Seine et président du Conseil général des Hauts-de-Seine.
Henri Plagnol, ancien ministre, député-maire de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
Gilles Carrez, député-maire du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne).
Michel Herbillon, député-maire de Maisons-Alfort (Val-de-Marne).
Jacques Gautier, sénateur-maire de Garches (Hauts-de-Seine).
Christian Cambon, sénateur-maire de Saint-Maurice (Val-de-Marne).
Alain Schmitz, président du Conseil général des Yvelines.