Du 24 au 26 février, Gérard Longuet, ministre de la Défense, a effectué un déplacement officiel de trois jours en Libye. Il était accompagné d'Yves Fromion représentant l'Assemblée nationale et de Jacques Gautier représentant le Sénat ainsi que d'une petite délégation.
Cette visite a permis de marquer le soutien de la France au processus politique de transition, d'exprimer le souhait de notre pays de poursuivre une coopération dynamique et de participer à de nouvelles pistes, notamment pour la sécurisation des frontières de la Libye avec des moyens technologiques avancés et la mise en place des troupes mobiles, formées par l'intégration des miliciens révolutionnaires.
Ce déplacement, particulièrement dense, a permis au ministre et aux parlementaires de rencontrer à Tripoli Monsieur Mustapha Mohamad Abdeljalil président du Conseil national de transition, le vice-premier ministre Monsieur Mustafa Abou Shagour, ministre des frontières, et Oussama Jouili ministre de la Défense, avec lequel a été signée la déclaration d'intention pour la création « d'une commission mixte chargée de concevoir et d'organiser la coopération dans le domaine de la Défense ». Cet organisme permanent et souple permettra à la France et à la Libye d'avancer concrètement dans un approfondissement de leurs échanges.
Ce déplacement a été aussi l'occasion de se rendre à Zintane, dans le désert au Sud de Tripoli, lieu d'où est originaire le ministre de la Défense et où les populations ont résisté aux troupes de Kadhafi. La délégation s’est aussi rendue à bord du bâtiment de guerre français « Céphée » qui participe au déminage des ports et de remercier l'équipage et les plongeurs français et libyens de leur engagement.
Ce voyage n'aurait pas été complet sans un déplacement à Misrâtah et à Bengasi. Misrâtah, la ville martyre où les combats particulièrement meurtriers sont encore présents au cœur de la cité et où la délégation française a pu se recueillir au musée de la guerre et voir l'efficacité des frappes aériennes françaises qui ont détruit des blindés de kadhafi, cachés sous un marché, sans dommage pour les habitations voisines.
La tournée s'est achevée par la visite de Bengasi, la ville de l'Est libyen où la révolution a commencé, et que l'engagement français, tant au niveau du Conseil de sécurité des Nations-Unies que des premières frappes aériennes le 19 mars, a permis de sauver de l'attaque des chars de Kadhafi.
Les officiels et la population de Bengasi ont tenu à démontrer à la délégation, comme ils l'avaient fait pour le Président Sarkozy, leurs remerciements et leur amitié pour la France. Un bain de foule particulièrement fort que notre ministre et les deux élus ne sont pas prêts d'oublier.
La route est encore longue pour les autorités libyennes sur la voie de la stabilité et de la démocratisation mais l'Assemblée constituante devrait être élue en juin prochain, l'activité économique a largement repris et la production pétrolière se rapproche progressivement du niveau de 2010, mais le processus de désarmement et d'intégration des miliciens révolutionnaires (estimés à 140 000) est une priorité avec l'objectif d'intégrer une partie d'entre eux dans les forces de la police et de l'armée et de faciliter aussi le retour à la vie civile de la majorité d’entre eux. La question des frontières au Sud revêt une acuité particulière avec la montée de trafics, la dissémination des armes et la persistance des menaces.
Ce sont des défis que les autorités devront relever dans les mois qui viennent en s'appuyant sur la sensibilité des libyens au respect de leur souveraineté et sur les ressources financières retrouvées.
La France a un rôle majeur à jouer en matière de coopération dans les domaines de la défense, des institutions et des partenariats économiques, sachant que de nombreux pays (Italie, Royaume-Uni, Turquie, Japon) sont engagés dans une démarche analogue.